OPEP réunion extraordinaire wébinaire

L’alliance OPEP+ a planifié une rencontre extraordinaire par wébinaire, lundi 6 avril 2020. Les participants essaieront de trouver un terrain d’entente sur une réduction de la production d’or noir.


Cette initiative de l’OPEP+ fait suite à la médiation entre la Russie et l’Arabie Saoudite conduite par le président américain Donald Trump. Le secrétariat de l’OPEP et le ministre saoudien de l’énergie, le prince Abdulaziz bin Salman, devraient coordonner la réunion de lundi, indique S&P Global.

L’OPEP+ se compose de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole, de la Russie et de neuf autres alliés, qui ont coordonné une série de réductions de production visant à soutenir le marché depuis 2017. Mais l’alliance a presque pris fin lors de sa dernière réunion, le 6 mars 2020. La Russie – deuxième producteur mondial mais non membre de l’OPEP – a refusé une réduction de la production mondiale de brut afin de compenser une baisse de la demande provoquée par la pandémie du nouveau coronavirus.

Face à ce refus, Ryad a procédé à de fortes baisses de ses prix et à des augmentations records de sa production, déclenchant un séisme sur les marchés financiers, avec une chute des prix du brut.

L’Arabie saoudite, qui avait annoncé son intention d’augmenter sa production de pétrole brut d’un tiers et d’exporter à des niveaux sans précédent (plus de 10 millions barils par jour), a assoupli sa position jeudi, appelant à une réunion “urgente” des membres de l’OPEP+ et d’autres grands producteurs de pétrole. Dans une déclaration publiée par l’agence officielle de presse saoudienne, le royaume a déclaré qu’il « recherchait un accord équitable qui rétablira l’équilibre souhaité sur les marchés pétroliers ».

Donald Trump a tweeté jeudi 2 avril 2020 qu’il avait parlé par téléphone avec le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman, qui a appelé à son tour le président russe Vladimir Poutine pour remédier à la rupture du marché pétrolier, bien qu’un porte-parole du Kremlin ait nié plus tard tout contact entre le dirigeant russe et saoudien. « J’espère et je m’attends à ce qu’ils réduisent d’environ dix millions de barils, et peut-être nettement plus », s’est réjoui le président américain, ajoutant que « cela pourrait même aller jusqu’à 15 millions de barils ».

Donald Trump, qui doit rencontrer ce vendredi 3 avril 2020 plusieurs sociétés pétrolières américaines, n’a pas évoqué les perspectives de participation des États-Unis à un accord d’approvisionnement mondial, ni expliqué son calcul sur la manière dont un tel accord pourrait atteindre 10 millions voire 15 millions de baril par jour.

Mais après le tweet de Donald Trump jeudi, les cours du pétrole ont flambé de près de 30%. Vers 14h50 GMT (16H50 à Paris), le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en juin, valait 30,82 dollars à Londres, en hausse de 24,58% par rapport à la clôture de mercredi, peu après avoir touché 36,29 dollars. À New York, le baril américain de WTI pour mai gagnait 25,41%, à 25,47 dollars, quelques instants après avoir atteint 27,39 dollars.

Les analystes ont déclaré que parvenir à un accord suffisamment important pour lutter contre la contraction de la demande causée par la pandémie de coronavirus – qui pourrait atteindre jusqu’à 20 millions de baril par jour – serait un énorme défi. « Il est très positif que les trois principaux producteurs mondiaux de pétrole parlent de stabiliser les marchés pétroliers, mais la baisse de la demande due aux effets du coronavirus jette une ombre énorme sur le secteur pétrolier », a déclaré Joe McMonigle, analyste chez Hedgeye Capital, cité par S&P Global. « Des baisses de production ne résoudraient pas tout, mais cela placerait au moins une sorte de catalyseur pour trouver un plancher sur les marchés, parce ces derniers n’ont actuellement rien d’autre pour empêcher les prix de baisser », a-t-il ajouté.

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